By admin On vendredi, août 21 st, 2015 · no Comments · In

Attraper des serpents exotiques ou faire fuir des chevreuils… En 2014, les équipes cynotechniques du Rhône ont effectué 279 interventions animalières.

L’adjudant-chef Gilles Perroux avec l’iguane Mérou, la mascotte de la caserne de pompiers de Meyzieu. Photos Pierre Augros
Mérou, un iguane vert, se balade tranquillement dans la caserne des pompiers de Meyzieu. Donné par une jeune fille qui avait du mal à s’en occuper, l’iguane est devenu la mascotte des lieux.
Insolite ? Pas tant que cela. La caserne de Meyzieu, tout comme celle de Feyzin, comprend une équipe cynotechnique qui a acquis la compétence animalière. Les pompiers interviennent auprès d’animaux domestiques, des NAC (nouveaux animaux de compagnie), des animaux de rente (de la ferme) et de la faune sauvage.
Des crocodiles de 3,60 m dans un appartement …
Mais pas question d’aller chercher un chat coincé dans un arbre. « On intervient lorsqu’il y a un risque avéré pour la survie de l’animal, pour des vaches empêtrées dans des bourbiers par exemple, explique le commandant Eric Paganon, conseiller cynotechnique départemental et métropolitain. Mais les gens ont parfois du mal à comprendre qu’on ne peut pas soigner un animal sauvage blessé. Il peut tout simplement mourir de stress lorsqu’on le transporte. »
Les pompiers se déplacent également lorsque les animaux présentent des risques ou des menaces. « De nombreux animaux sauvages vivent en milieu urbain. Au printemps, beaucoup de chevreuils perdent leurs repères. Quand un chevreuil court à la Croix-Rousse, on lui fait regagner la forêt, explique Eric Paganon. S’il se retrouve dans une propriété privée, on n’intervient pas. »
Les pompiers du Rhône réalisent environ 600 interventions animalières par an, dont 279 ont été effectuées par les équipes cynotechniques en 2014. La majorité concernait des chats (95) et des chiens (89). Certaines interventions resteront dans les annales, comme ce jour de 2007 où les pompiers ont récupéré des crocodiles de 3,60 m dans un appartement à Villeurbanne. La mode des NAC a d’ailleurs accentué le nombre de situations cocasses dans les années 2000. « À ce jour, nous sommes dans une situation stable, tempère Eric Paganon. À une époque, on récupérait beaucoup de singes magot et de mygales. Aujourd’hui, ça s’est tassé. »
En revanche, l’équipe cynotechnique est intervenue 41 fois pour des serpents l’année dernière. « L’hiver, ils vont chercher des endroits chauds comme les machines à laver, et l’été ils se mettent à l’ombre », explique Eric Paganon. Lorsqu’il s’agit d’une espèce locale, les pompiers la relâchent dans la nature. Mais pour les NAC, la démarche est différente. « La mairie dispose de dix jours pour retrouver le propriétaire du serpent, explique l’adjudant-chef Gilles Perroux. S’il ne s’est pas manifesté, la mairie doit placer l’animal. En général, elle nous le confie. » Les pompiers ont donc créé un terrarium au sein de la caserne. À ce jour, dix serpents y résident. « Le premier objectif, c’est de recaser l’animal, explique Eric Paganon. Le zoo de Saint-Martin-la-Plaine accepte certains reptiles. On confie également les serpents à des personnes que l’on connaît. » À la main ou à l’aide d’un crochet, les pompiers aguerris s’entraînent régulièrement à les manipuler. Pour être prêts à intervenir le jour J.
Élodie Castelli

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